Le RQIIAC a signé au sein de la nouvelle coalition nationale, PACT-social, cette lettre ouverte qui dénonce « l’invisibilité et la marginalisation croissante du social dans le système public ».
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Santé Québec, où est le social ?
Denis Bourque, professeur, Université du Québec en Outaouais
Valérie Fernandez, T.S. présidente, OTSTCFQ
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Depuis le 15 juin, les centres intégrés (universitaires) de santé et de services sociaux (CI(U)SSS) changent de nom pour Santé Québec suivi du nom du territoire et du centre universitaire le cas échéant. Il s’agit de la dernière illustration de l’invisibilité et de la marginalisation croissante du social dans un système public dont l’originalité à sa création était l’intégration entre le social et le sanitaire pour une meilleure réponse aux besoins des populations et des communautés territoriales. Depuis les 50 dernières années, ce sont largement l’amélioration des conditions et des milieux de vie qui ont généré les principaux gains en santé des populations et non pas les soins médicaux eux-mêmes. Ces avancées ont été, pour beaucoup, le fruit du travail engagé des acteurs et actrices du travail social et de l’action communautaire. Malheureusement, ces acquis collectifs sont mis à mal par les choix politiques des récents gouvernements.
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Les crises auxquelles fait face le Québec actuellement sont avant tout sociales. Les problèmes à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), en santé mentale, en soutien aux besoins criants des personnes âgées et en itinérance, ainsi que l’explosion des souffrances liées au coût de la vie, à l’exclusion sociale, la crise du logement, aux effets des changements climatiques, et aux violences faites aux femmes ne sont que quelques-unes des réalités qui exigent que le social soit priorisé et valorisé.
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La création de l’Agence Santé Québec elle-même illustre le faible poids du social et de la prévention par rapport à la santé et au curatif. Les préoccupations et recommandations en provenance du domaine social et communautaire ont été peu prises en compte relativement à la centralisation excessive, au recul démocratique de la gouvernance du système sociosanitaire et à la privatisation des services. La sous-représentation des services sociaux au sein de son conseil d’administration, et jusque dans le nom même de l’agence, suscite de vives préoccupations. Ce silence institutionnel met en lumière un manque d’arrimage entre les réalités sociales des populations et les services offerts, menaçant ainsi l’accessibilité et l’adaptabilité des services répondant aux besoins diversifiés des communautés.
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Le travail social et l’intervention sociale en général relèvent du ministère de la Santé et des Services sociaux où on observe une réduction progressive de la mission sociale au profit de l’hospitalocentrisme alimenté par les réformes successives (Couillard en 2003, Barrette en 2014 et Dubé en 2023) auquel s’ajoutent les effets bien documentés de l’approche managériale et comptable de la Nouvelle gestion publique. Ces choix ont entraîné la diminution des interventions sociales conduites dans les milieux de vie comme celles en milieu scolaire qui ont décru de 41% en 5 ans, alors que celles menées à l’intérieur des murs des CLSC ont augmenté de 22% pendant la même période selon la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.
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Une nouvelle coalition nationale, PACT-social
Pour sortir du marasme actuel, une coalition nationale est mise sur pied pour revaloriser les services sociaux et communautaires, ainsi que le travail social et l’intervention sociale dans la société québécoise. La nouvelle coalition se nomme PACT-social et rassemble des voix engagées autour d’une vision élargie du travail social et des politiques sociales, qui dépasse le cadre strict du titre professionnel pour englober l’ensemble des pratiques d’intervention sociale. Elle reconnaît que de nombreuses personnes œuvrent quotidiennement au mieux-être des populations et des communautés, souvent dans l’ombre, sans que leur contribution soit pleinement reconnue et maximisée. Il est temps de reconnaître l’impact réel du travail social sur notre société et d’en augmenter ses effets systémiques. Les personnes travailleuses sociales, ainsi que intervenantes sociales, jouent un rôle essentiel dans la prévention, la cohésion sociale, l’accompagnement et la transformation des conditions de vie. Une juste reconnaissance de leur apport est non seulement nécessaire, mais urgente, afin de valoriser leur expertise, soutenir leur engagement et renforcer les services offerts à la population.
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Cette mobilisation, qui s’inscrit dans les suites des États généraux du travail social, s’ajoute aux actions citoyennes et professionnelles de plus en plus nombreuses à travers le Québec. Ensemble, ces initiatives rappellent aux élu·e·s l’importance de reconnaître le rôle crucial du travail social et des services sociaux dans notre société. Il faut donc réintroduire le social dans le nom des établissements publics et surtout réinvestir dans les services sociaux et l’action communautaire au Québec.
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Coalition PACT- social
Mylène Barbe, professeure, Université du Québec en Outaouais
Nadia Cardin, Collectif des partenaires en développement des communautés
Alain Coutu, président, CUNL
Marie-Michèle Doiron, V.P, responsable du secteur santé et services sociaux, FP-CSN
Sylvain Dubé, travailleur social
Caroline Guay, présidente, REECETSQ
Lydia Jones, coordonnatrice, PACT-Social
Pierre Laurence, chercheur associé, CRDC
Martin Robert, consultant en travail social
Etienne Simard, président du RQIIAC